Marianne

2 octobre – 2 novembre 2017

“Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?” s’interrogeait Lamartine. Tout reste à découvrir dans ce domaine, qui est l’un des champs d’investigation les plus fascinants qui soient.

Pourquoi, entrant dans une maison, éprouve-t-on parfois un sentiment ce malaise ? Quelque chose émane des murs, du sol, de la charpente et des recoins. Une tension, une humidité, une ambiance glauque. Généralement, on se contente de détaler poliment, mais il arrive que les circonstances de la vie nous obligent à cohabiter avec cette tristesse, cet abandon. “Et si on faisait venir un exorciste ?” plaisante-t-on à moitié.

Des experts qui n’ont rien de loufoque

Ayant lancé une recherche sur Internet, quelle surprise de découvrir que cette profession existe bel et bien, sous le nom plus rassurant et acceptable de “thérapeute des maisons” ! Et d’apprendre que certains esprits on ne peut plus scientifiques n’hésitent pas à recourir à ces experts de l’habitat, qui n’ont rien de loufoque. C’est ainsi que le grand vigneron Alain Vauthier, mécontent de l’état de sa maison et de son chai, nous confiait avoir fait venir chez lui des démagnétiseurs. Propriétaire du légendaire Château Ausone, premier grand cru classé A de Saint-Emilion, probablement le vin de Bordeaux le plus fin et mystérieusement envoûtant qui soit aujourd’hui. Vauthier est un homme carré, de formation scientifique et juridique, très “ancienne école” : “Je suis curieux intellectuellement, j’explore toutes les dimensions du réel si cela peut m’être utile. J’ai donc fait venir chez moi, plusieurs fois, deux géobiologues de renom, Alain de Luzan et Yannick David.”

Pour camper le décor, il faut dire qu’Ausone est un lieu magique, perché sur une falaise. On y fait du vin depuis l’Antiquité, les vielles vignes sont cultivées au-dessus d’une grotte dans laquelle les vins, par la suite, sont élevés, dans un obscurité totale. Pour Vauthier, un chai, comme une maison, une étable ou une cave à fromages, est un lieu de vie (et non un musée ou un sarcophage bétonné, né du cerveau d’un architecte mégalomane..).

“Après l’intervention des géobiologues, les fermentations de mes vins se sont déroulées plus lentement, sans arrêts ni à-coups.”

“Après l’intervention des géobiologues, les fermentations de mes vins se sont déroulées plus lentement, sans arrêts ni à-coups. Ils m’ont aussi conseillé de renoncer à vivre dans une pièce humide sous laquelle circule, selon eux (et c’est vrai, je l’ai vérifié), un cours d’eau propice à toutes sortes de maladies.” Pour Vauthier, la plupart des gens ignorent dans quel environnement ils vivent : “Nos maisons sont constituées de matériaux toxiques dont les chimistes connaissaient dès les années 60 les dangers : amiante, Xylophène, Placoplatre, polystyrène, colle, peinture au plomb, Roundup de Monsanto, fongicides… Avant que les médias ne parlent de leurs méfaits, et que la législation n’en interdise certains, je connais quantité de gens qui, physiquement, sentaient le danger et qui, pour rien au monde, ne les auraient utilisés !”

Géobiologues et démagnétiseurs ont cette sensibilité. Ils viennent avec leurs baguettes et leurs antennes et vous révèlent des choses passionnantes sur les énergies positives ou négatives qui traversent votre maison. Sans aller jusqu’à évoquer esprits et fantômes, ils s’attachent à des éléments objectifs : la luminosité, l’humidité, la mauvaise qualité des matériaux, la résonance et l’acoustique dans une pièce (qui rend les gens agressifs), le Wifi et les ondes électromagnétiques (que Vauthier fuit comme la peste). “Le bon sens, ce sont les hommes préhistoriques qui l’avaient : les premiers lieux de peuplement étaient fabuleux, comme ici, à Saint-Emilion, le vallon de Fongaban, parfaitement ensoleillé et pourvu d’une réel magnétisme tellurique. Je m’y ressource chaque jour.”

Géobiologue miraculeux

Alain de Luzan, président fondateur de L’École Française de Géobiologie et auteur du best-seller “Votre Santé en lieu sûr” (le Courrier du livre), avec une antenne de Lecher à la main, en compagnie de Philippe Baillarguet, maître de chai du Château Ausone.

Article : Emmanuel TRESMONTANT – Marianne