Monsieur Hunt, cette mission, si vous l’acceptez…

Par Igor BEZARD, géobiologue expert, certifié GÉOBIOS et enseignant à L’École Française de Géobiologie

Alors, un géobiologue, finalement, c’est quoi ?…

Avant tout un EXPERT ; un expert de son domaine…

… Un professionnel disposant d’une solide maîtrise théorique et technique de la géobiologie, capable de mobiliser en synergie ses connaissances et son expérience afin :

  • D’évaluer, avec fiabilité et précision, une problématique qui peut être simple ou complexe,
  • D’en tirer des préconisations adaptées et efficaces,
  • D’être capable de les mettre en œuvre pour atteindre un résultat prédéfini.

Sans cela, pas d’expert, donc pas de géobiologue professionnel ; juste un abord plus ou moins incomplet de la discipline…

… mais pas seulement

On constatera que cette définition qui ne peut pas faire polémique, reste générale et technique et s’applique finalement à beaucoup de secteurs, la plupart ‘techniques’, justement. Même si elle est nécessaire pour approcher la définition qui nous occupe, elle n’est cependant pas suffisante : La géobiologie est une discipline qui fait aussi nécessairement appel à des qualités de sensibilité, d’intuition et de conscience, dont n’aura pas forcément besoin le concepteur en système informatique de gestion de base de données ou l’ingénieur en conception de ponts suspendus. Certains outils utilisés par le géobiologue ne se résument pas à une utilisation mécaniste (comme l’antenne de Lecher, par exemple) et engage aussi l’ETRE en plus du FAIRE… Les experts-comptables seront remplacés par des robots bien avant les géobiologues !

Une pratique de “haut niveau”

Ainsi le géobiologue professionnel peur être considéré comme un “expert +”, le plus étant l’intégration des aspects humains, transversaux et holistiques de la discipline. L’exercice de l’expertise géobiologique en mode professionnel, est engageante physiquement, énergétiquement et nerveusement. Une journée d’expertise professionnelle in situ (seul mode de pratique acceptable car suffisamment fiable à l’expérience) mobilise, mental/physique, cerveau gauche/cerveau droit, énergie/réceptivité, de manière forte, continue et alternée. C’est une pratique de “haut niveau”, qui nécessite une préparation et un entretien spécifique, ainsi qu’en prime, un grand sens de l’Humain.

“Expert” et “formateur” ne sont pas synonymes

Précisons aussi dès maintenant, devant le développement actuel de toutes les offres de formations en géobiologie, qu’expert et formateur ne sont pas synonymes : les compétences ne sont pas les mêmes et les intervenants entretenant la confusion des deux, le font souvent pour des raisons commerciales : gardez les yeux bien ouverts, les véritables experts n’apparaissent pas par génération spontanée ! ‘A bon entendeur’…

La formation du géobiologue : une base multidisciplinaire préalable à une autre étape de maîtrise.

Évidemment, les comparaisons ont leurs limites. On pourra arguer à juste titre, que les temps passés à former de manière théorique, par exemple un avocat expert en droit des affaires avec un diplôme reconnu publiquement (7 ans d’étude) et un géobiologue avec un diplôme privé (quelques mois d’études), ne sont pas comparables. C’est vrai. D’autant plus que la qualité des offres de formation en géobiologie est très inégale, alors que celle d’avocat est beaucoup plus cadrée. Nous en reparlerons plus loin.

Il est bien évident que le socle théorique, même s’il est étoffé de manière satisfaisante, est beaucoup plus restreint et ne représente en fait qu’une base multidisciplinaire préalable (mais indispensable) à une autre étape de maîtrise. C’est que la géobiologie est essentiellement une question de développement de pratique et d’expérience. Un diplôme privé sérieux de géobiologue professionnel, comme celui de L’École Française de Géobiologie, peut être acquis en moins d’une année de formation, mais soyons clairs, il faut plusieurs années de pratique sérieuse et soutenue pour prétendre approcher un niveau très satisfaisant. En ce sens, ce chemin d’apprentissage pourrait aussi s’apparenter à une sorte de ‘compagnonnage’ comme cela existe pour les métiers d’art.

Un véritable processus d’ingénierie pour couvrir une problématique complexe

Considérons donc que le géobiologue professionnel est un expert de la géobiologie.

Mais ce n’est pas que cela, car l’expertise couvre forcément une problématique de A à Z. Il est par exemple important de réaliser l’étude géobiologique de l’ensemble du logement pour évaluer toutes les solutions et préconisations possibles. Mais aussi de considérer l’impact de facteurs plus diffus comme l’électrosmog ambiant. (Le ‘saucissonnage’ en la matière, notamment pour des raisons commerciales, est un très mauvais calcul pour le client et l’expert lui-même). Trop souvent encore, le géobiologue est contacté en dernier recours, lorsque toutes les autres démarches ont échoué. Mission impossible ?… Non, bien sûr ! Mais la géobiologie déploie plutôt sa pleine efficacité quand elle est préventive ; question de pédagogie professionnelle. Le professionnel doit être capable de pouvoir expliquer à chacun et à tous, de manière adaptée et clairement, les tenants et les aboutissants de son intervention, avant, pendant et après son travail. C’est la moindre des choses… Et pourtant…

Être capable de couvrir une problématique complexe est exigeant, plus exigeant qu’analyser juste un de ses maillons ; même en matière de complexité, la totalité fait plus que la somme des parties ! C’est pour cela que la géobiologie professionnelle doit nécessairement s’appuyer sur un véritable processus d’ingénierie : de l’analyse à la concrétisation, toutes les étapes doivent s’inscrire dans un protocole défini, rationnel et complet. Ce protocole permettant de produire des “livrables” qu’attendent les clients. En l’occurrence, a minima un plan à l’échelle du lieu, des détections et des préconisations (c.à.d. le bilan de la situation) et une sécurisation effective des personnes (c.à.d. la mise en œuvre des préconisations).

Des pratiques parfois douteuses qui discréditent la profession de géobiologue

Peut-on considérer comme professionnel, quelque soit sa bonne volonté, le géobiologue qui vient chez son client, y passe une heure et demie, en livrant des indications orales avec des explications générales et obscures, ou sans explication du tout, d’un ton alarmiste, et vends 3 bols en terre cuite et un cristal de roche pour protéger la maison ?

Peut-on considérer comme professionnel, le géobiologue qui va délivrer une expertise à distance à partir d’un plan format A4, à l’aide d’un pendule de radiesthésie, accompagnée éventuellement de quelques indications écrites ou orales ?

Quelle somme d’argent êtes-vous prêt à mettre pour une expertise de ce type ? et par conséquent, quelle valeur lui accordez-vous ?…

A titre de comparaison, combien payez vous votre avocat quand vous avez besoin de ses services, pour des raisons qui, en général, ne concerne pas directement votre santé ?

En effet, il est utile de rappeler au passage qu’il s’agit bien de votre santé…

Pensez-vous qu’il est possible de vendre ce type de service à une entreprise ? ou à un autre professionnel incrédule ?

Voilà quelques exemples-types que l’on trouve fréquemment et qui ne vont pas dans le sens décrit précédemment. Il n’y a pas de protocole, il n’y a pas d’expertise ; il reste un positionnement commercial, et à part ça, ‘le Style’ peut-être, mais quoi d’autre ?

(Évidemment je ne parle même pas ici des escrocs qui, comme dans tout secteur en développement, prospèrent largement).

Je vous mets au défi de pouvoir juger de la qualité de ces professionnels, car en plus, bien souvent, le résultat n’est pas au rendez-vous. Alors ce faisant, comment pouvoir même parler de métier et a fortiori de profession ?