Dis papa, c’est loin l’Amérique ? Tais-toi et nages !

La construction d’un métier et d’une profession

Par Igor BEZARD, géobiologue expert, certifié GÉOBIOS et enseignant à L’École Française de Géobiologie


La géobiologie est-elle donc un métier ?…

Sachant de quoi nous parlons s’agissant de la géobiologie, reste à cerner la notion de ‘métier’. Elle est plus complexe qu’il n’y parait à première vue, car souvent les notions d’emploi, poste, métier et profession sont confondues, la confusion étant souvent entretenue dans les nomenclatures professionnelles. Le propos n’est pas ici d’en passer par une analyse sociologique du travail, donc nous irons directement au plus consensuel et au plus synthétique :

Définition :

Le métier est un mouvement de professionnalisation d’activité (construction et structuration d’un champs professionnel qui se distingue peu à peu des autres) se caractérisant essentiellement par 4 critères :

  • Définition de savoir-faire et de formations spécifiques,
  • Revendication et attribution d’une identité de métier,
  • Regroupement des pairs en réseau,
  • Structuration du marché du travail.

Ou encore :

Lorsque des acteurs réalisant certaines fonctions ayant une utilité sociale, se regroupent pour définir et défendre leurs rôles, débattent et tentent de stabiliser des savoir-faire spécifiques, encadrent ou cherchent à encadrer l’accès au marché du travail et revendiquent une identité spécifique, se la reconnaissent entre eux ou cherchent à se la faire reconnaître, on peut alors parler de ‘métier’.

metier geobiologue

A vu de ce cadre, passons maintenant au bilan :

  • La définition du savoir-faire est presque acquise.
    Nous l’avons vu dans la première partie de cet article. Tous les pratiquants de la géobiologie sont peu ou prou d’accord, les différences sont marginales et portent essentiellement sur l’étendue du domaine. Par contre, en matière de formation, on est très loin du compte : la qualité des formations est extrêmement variable en matière de contenus, de méthodes, d’outils pédagogiques, de formateurs et de durées. Le niveau moyen est de faible à très faible, et pour tout dire, c’est une véritable auberge espagnole, où chacun amène ‘sa soupe’. Un immense effort d’homogénéisation ‘par le haut’ est à réaliser sur cette question.
  • Les pratiquants de géobiologie commencent à communiquer différemment, soit individuellement, soit collectivement par le biais d’organisation qui s’auto déclarent représentatives, mais qui ne le sont encore franchement pas. Pour l’instant c’est donc la jungle, mais l’eau bout sous le couvercle de la marmite. Depuis quelques années, la géobiologie se fait connaître auprès du grand public, des articles paraissent dans la presse, bref une certaine reconnaissance est en train d’émerger sensiblement.
  • La ‘communauté’ des géobiologue est encore un vœux pieu.
    Elle n’existe pas. Beaucoup d’individualisme, beaucoup d’opportunisme, beaucoup d’ego… Les réseaux qui existent sont à l’état embryonnaires et sont souvent beaucoup plus amicaux, affinitaires, que professionnels, et surtout… très peu développés. Sans compter la concurrence tout azimut, souvent débridée, parfois malveillante, bien éloignée d’un esprit de ‘métier’. Ici aussi, tout est à construire.
  • L’accès à la pratique professionnelle n’est bien entendu absolument pas encadré.
    N’importe qui peut se déclarer ‘géobiologue’, sans formation ni compétences réelles. Et c’est ce qui se passe dans la pratique… Donc bien entendu, pas d’éléments objectifs et homogènes sur des critères de professionnalisation de la pratique, aucun contrôle possible sur la qualité des prestations, ni par conséquent de possibilité de recours pour les clients s’estimant lésés. Dans ces conditions, difficile d’accéder au Registre National des Certifications professionnelle (RNCP), tremplin en France pour la reconnaissance nationale et publique d’un métier, et la constitution d’une véritable profession.

En première approche, on peut en tirer la conclusion que la géobiologie commence son chemin vers la constitution d’un métier, mais qu’elle ne l’est pas encore, sur la base des critères retenus ici. Il reste notamment des efforts importants à mener collectivement sur la formation, la communauté et les réseaux, ainsi que l’homogénéité des pratiques et des critères d’évaluation professionnelle.

metier geobiologue

…et une profession ?

A fortiori, s’il est difficile de parler de ‘métier’, il est encore plus difficile de parler de ‘profession’.

Définition :

A partir du moment où un métier est caractérisé par une structuration forte de l’accès au marché du travail dont les membres contrôlent l’ouverture, une identité largement revendiquée et reconnue socialement, des savoir-faire spécifiques bien identifiés, alors on pourra parler de ‘profession’.

Bon voilà, c’est évident, la définition se suffit à elle-même : lorsque le ‘métier’ existera, la profession qui finalement n’en est que l’étape suivante d’évolution sociale, sera possible.

Chez Géobios, nous faisons le pari de construire et consolider, là où le bât blesse : Notre objectif final est simple : que la géobiologie professionnelle devienne une profession utile, honorable et reconnue. La géobiologie doit inéluctablement finir par être reconnue d’utilité publique. C’est une fatalité, et chaque géobiologue compétent et sérieux en est convaincu ; nos clients aussi ; le plus tôt sera le mieux, pour le bien de nos concitoyens.

Un peu d’auto publicité ne fait pas de mal, c’est pour la bonne cause :

Nous mettons tous nos efforts pour :

  • proposer des formations sérieuses et les améliorer constamment,
  • proposer des protocoles d’expertises fiables, efficaces, complets et engageants pour les experts qui les réalisent,
  • constituer progressivement un réseau de professionnels sérieux et compétents.

Les résultats de ces efforts constants commencent à porter leurs fruits : les succès de nos expertises en témoignent, la diversité de nos clients particuliers et professionnels également, de plus en plus d’étudiants rejoignent nos formations, de plus en plus de diplômés rejoignent notre réseau, et nous œuvrons à constituer un ensemble consistant et croissant de pratiques et de dispositions nécessaires au processus de professionnalisation de notre discipline. Nous estimons que c’est de notre devoir ; et notre engagement.