Une Chatte n’y retrouverait pas ses petits

Par Igor BEZARD, géobiologue expert, certifié GÉOBIOS et enseignant à L’École Française de Géobiologie

Une définition de la géobiologie qui fait à peu près consensus

Il est possible de considérer que la définition générale de ce qu’est la géobiologie fait à peu près consensus, aussi bien par les personnes qui la critiquent que par ceux qui la pratiquent. On trouve notamment une excellente définition de la géobiologie sur ce site web Géobios, complète et actuelle.

La géobiologie moderne n’a finalement que quelques décennies d’existence. Il existe selon les pratiquants et les pays, des différences d’appréciation quant au champ d’application de la discipline (phénomènes naturels, ‘surnaturels’ et/ou artificiels) et aux moyens de l’aborder (techniques, instrumentaux, manuels et/ou intuitifs). On peut ainsi distinguer grosso modo les ‘écoles’, française, anglaise, allemande, suisse, russe, sans parler des Feng Shui traditionnels chinois (dont la perspective est cependant un peu différente).

A priori, la sensibilité de chaque pratiquant revendiqué lui permet de positionner le curseur un peu où il le souhaite, dans la mesure où l’objectif de la démarche est objectivement respecté : Mettre les personnes en sécurité en les protégeant le plus possible des influences délétères de leur environnement. Et c’est précisément ici que la situation commence à se compliquer.

La profession de géobiologue : des contours flous

Qu’est ce qu’est un géobiologue ? et que fait-il ?

En réalité, dans la pratique en France, il est aujourd’hui impossible de savoir dans le détail ce qu’EST et ce que FAIT un géobiologue (-type), au-delà de l’évidence générale que c’est une personne qui pratique la géobiologie. Et je ne parle même pas ici d’une vision extérieure mais du regard que peut porter chaque pratiquant sur ses pairs !

Quant à la notion de professionnalisation de la pratique, elle est encore plus nébuleuse pour tout le monde. Plus précisément, chacun a soit une opinion tranchée et personnelle sur la question, soit pas d’opinion du tout : Bref, il y a presque autant de sortes de géobiologues que de pratiquants de géobiologie ; quant aux organisations soi-disant représentatives, un inventaire à la Prévert !

Une caricature ? A peine…

Du fait des problèmes environnementaux devenant ‘malheureusement’ de plus en plus à la mode devant les catastrophes climatiques, chimiques, nucléaires, médicales, sociales, etc. déclarées ou en cours de préparation, la géobiologie a le vent en poupe. C’est en soi une excellente nouvelle : il suffit de lire la presse et de se rendre dans les salons spécialisés sur les médecines complémentaires et produits naturels pour s’en rendre compte.

La porte ouverte aux opportunistes… et aux détracteurs

Mais chaque médaille a son revers et inévitablement un certain nombre d’opportunistes en profite pour se lancer sur le marché, pour des raisons soit franchement commerciales, soit ‘gourouisante’, et parfois les deux à la fois.

Le nombre de formations de tout acabit se multiplie et les prétendus géobiologues se reproduisent à la vitesse des lapins de Leonardo Fibonacci ! Autant dire que le contexte n’est finalement pas propice à la clarté et à un développement sain et qualitatif de la discipline, et a fortiori à sa professionnalisation ; pire, il permet aux détracteurs publics et privés de la géobiologie de jeter, preuves à l’appui, le bébé avec l’eau du bain.

Des géobiologues sérieux et honnêtes pour une géobiologie altruiste et humaniste

Le propos n’est cependant pas de décider (en vertu de quelle autorité ?) de qui a le droit ou pas, de se revendiquer ‘géobiologue’. La géobiologie moderne s’est construite, et continue à se construire, grâce à l’esprit de recherche, à l’intelligence, voire à l’anticonformisme de pionniers qui ont su sortir des sentiers battus à certains moments, et faire évoluer les connaissances et leurs déclinaisons pratiques, parfois contre vents et marées, pour le bénéfice du plus grand nombre (et non pas au bénéfice de leur seul ego et de leur seul intérêt matériel). En effet, même si la géobiologie, à titre professionnel, n’est pas un commerce gratuit, sa visée reste avant tout altruiste et humaniste.

Chaque pratiquant sérieux et honnête se positionne naturellement dans ce mouvement. La géobiologie ne peut pas être un simple loisir, car cela reste une pratique exigeante de par son objectif, engageant forcément l’individu dans une démarche d’évolution personnelle profonde, où la recherche continue de l’excellence éthique et technique n’est pas une option.

Une chose est certaine de ce point de vue : un géobiologue ne peut pas être un dilettante de sa pratique et vice versa ! Chacun se reconnaîtra…

Le cadre professionnel en question

Combien de sites Internet, de cartes de visite de ‘professionnels’ se présentant comme géobiologue-magnétiseur-sourcier-énergéticien-naturopathe-hypnothérapeuthe-expert Feng shui-maître Reiki, pour un seul homme, dans l’ordre ou le désordre, à chacun d’y piocher ce qui l’intéresse ? Je ne parle même pas de la quincaillerie ésotérique made-in-China proposées parfois sur la e-boutique… Quel imbroglio et quelle confusion pour les clients potentiels !

Voit-on souvent sur le marché de l’emploi des CV d’informaticien-électronicien-mécanicien auto-peintre en bâtiment-cordonnier-pompiste ?… Ou secrétaire-pédicure-comptable-caissière-psychothérapeute-assistante maternelle ? En effet, vous avez raison c’est ridicule, on n’en trouve absolument pas ! On est avant tout informaticien, comptable ou psychothérapeute, avec le cadre que cela implique, ce qui n’empêche pas d’avoir des compétences diverses et variées, parfois complémentaires, transversales et bien utiles.

Mais dans quel cadre professionnel choisit-on de s’insérer, puisqu’il en faut bien un pour pouvoir vivre durablement de son métier dans notre société ?

Un faible niveau d’exigence qui dessert la profession de géobiologue

Tout cela montre bien le faible niveau d’exigence que l’on peut s’imposer en géobiologie, tout aussi bien en mode amateur qu’en mode pro. Et il est évident que cela dessert très fortement la géobiologie, son image et les géobiologues sérieux et compétents qui ont choisi cette voie.

Un référentiel commun pour la professionnalisation de la géobiologie

Finalement, tout cela se résume à la question centrale de la professionnalisation de la géobiologie, et de la nécessité d’une vision claire et partagée de ce qu’est un géobiologue professionnel. Sans ce référentiel, et malgré ses grands succès, aucun progrès général de la discipline ne pourra être accompli et aucune véritable reconnaissance sociale ne pourra être envisagée, à court, moyen ou long terme.